Villepin refuse de céder devant les manifestants, Sarkozy propose la suspension du CPE

Publié le par cgt Educ'action92

LEMONDE.FR | 28.03.06 | 14h13  •  Mis à jour le 28.03.06 | 16h04
 
Tandis que des centaines de milliers de personnes manifestaient à Paris et dans toute la France en faveur du retrait du contrat première embauche (CPE), le premier ministre a une nouvelle fois affiché sa détermination : "la République, ce n'est pas les préalables, ce n'est pas l'ultimatum", a déclaré le premier ministre lors des questions au gouvernement, à l'Assemblée, en allusion à la demande des syndicats de retirer le CPE. "Je leur ai proposé d'en discuter demain à Matignon, ils ont refusé la main tendue. Je leur renouvelle ici devant vous tous cette proposition", a déclaré le premier ministre. "S'ils veulent s'engager dans la voie du dialogue, s'ils veulent réduire la période des deux ans, un entretien à la rupture du contrat, j'y suis prêt", a-t-il affirmé.

Plus tôt dans la journée, il avait affirmé aux députés UMP qu'il n'était pas question de "retirer le CPE", tout en se disant "ouvert" à des modifications pour peu qu'elles ne soient "pas d'ordre législatif", ont rapporté plusieurs députés. A Matignon, on indique que le gouvernement est prêt à discuter de la période d'essai de deux ans prévue dans le contrat première embauche mais refuse d'introduire une "justification au licenciement", ce qui reviendrait à "dénaturer" le CPE.

Dans la matinée, le groupe UMP de l'Assemblée, lors d'une réunion en présence de Nicolas Sarkozy, a accepté sa proposition de reprendre le dialogue avec les partenaires sociaux sur le CPE avant que la loi soit définitivement promulguée. Ce qui laisse 15 jours, délai prévu par la Constitution entre l'avis du Conseil constitutionnel - attendu jeudi - et la promulgation de la loi. Les députés de la majorité souhaitent ainsi qu'"une concertation plus approfondie, la plus large possible, centrée sur les questions de la jeunesse, puisse s'ouvrir en n'excluant rien", a précisé le président du groupe UMP, Bernard Accoyer.

RÉUNION "HOULEUSE ET DIFFICILE"

La proposition du président de l'UMP "équivaut à une suspension du CPE durant la phase de négociations" ont indiqué plusieurs sources parlementaires, même s'il n'a pas prononcé le mot "suspension". "C'est un changement de stratégie, ce n'est pas un recul. Nicolas Sarkozy a estimé nécessaire de parvenir à un compromis", selon son entourage, notant qu'il"avait été applaudi par l'ensemble des députés UMP" à la fin de son intervention. La prise en compte des résultats des discussions avec les partenaires pourrait se faire "de trois façons : une deuxième délibération du texte, une proposition de loi, ou un nouveau projet de loi", selon une source parlementaire.

Dominique de Villepin, présent en début de réunion, a "renouvelé sa proposition, son intention, sa volonté en direction des partenaires sociaux de se retrouver pour se concerter", a déclaré M. Accoyer. Selon un de ses partisans, Jean-Pierre Grand, le premier ministre a été applaudi par les députés UMP, en prônant "la fermeté mais avec un dialogue avec les syndicats". A l'inverse, selon le sarkozyste Dominique Paillé, la réunion a été "houleuse et difficile", la plupart des députés manifestant des "mouvements d'humeur""l'absence de gestes tangibles" d'ouverture de la part du premier ministre. "Cette affaire laissera des traces", a-t-il prédit. devant

Une centaine de parlementaires UMP ont décidé de se regrouper pour mener des actions de mobilisation en faveur du CPE, ont annoncé mardi une trentaine d'entre eux, tous des proches de Dominique de Villepin, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée. "Il y en a assez que la rue veuille dicter sa loi à la République, nous voulons montrer qu'il y a une légitimité dans ce pays, cette légitimité, c'est la majorité, l'UMP à l'Assemblée nationale", a ajouté Guy Geoffroy (Seine-et-Marne). "Le dialogue doit être fondé non pas sur le renoncement de la démocratie mais sur l'application des règles de la République qui veulent qu'une loi votée, soit promulguée, soit mise en application et ensuite soit évaluée", a-t-il poursuivi.

Avec AFP et Reuters
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