28 mars 2006 CPE : Cortèges Partout Enormes
Partout en France, les manifestations sont beaucoup plus fournies que lors des précédentes journées de protestation contre le contrat première embauche • A 18 heures, les syndicats parlaient de 2,68 millions de personnes dans la rue. 892000 selon la police.
LIBERATION.FR : mardi 28 mars 2006 - 18:26
Dès le début de l'après-midi, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, avait évoqué des chiffres «historiques». «Je pense que nous serons peut-être pas loin des trois millions dans la rue aujourd'hui (...) ce que nous n'avons pas vu depuis des décennies», a affirmé Bernard Thibault au départ du cortège parisien, auquel ont pris part plusieurs dizaines de milliers de personnes.
A 18 heures, le leader syndical n'était pas loin du compte. Selon un décompte partiel livré par les syndicats, 2,68 millions de manifestants étaient descendus dans la rue mardi, tandis que la police donnait elle le chiffre de 892.200. Dans toute la France, hors Paris, les estimations variaient entre 800000 et un million de manifestants.
En province, les premiers chiffres donnés à la mi journée étaient impressionnants.
A Marseille, les syndicats assuraient ainsi que la manifestation organisée dans la ville dès 10h30 avait rassemblé 200.000 à 250.000 personnes, contre 130.000 lors du dernier défilé intersyndical contre le CPE le 18 mars. Aucun chiffre n'était disponible auprès de la police car les opérations de comptage étaient toujours en cours après le début de la dispersion du cortège, a indiqué la préfecture. Parti du Vieux-Port, le cortège, long de plusieurs kilomètres, était déjà parvenu à destination alors que les derniers manifestants n'avaient pas encore pris le départ. Aucun incident n'a été signalé alors que la marche – pour laquelle les jeunes, étudiants et lycéens, se sont mobilisés en masse– était étroitement encadrée par plus d'un millier de syndicalistes.
A Nantes, les chiffres étaient également importants avec quelque 42.000 personnes mobilisées selon la police, et 60.000 selon les syndicats. Le 18 mars, la police avait recensé 21.000 personnes, et les organisateurs 45.000. «Retrait du CPE et du CNE», pouvait-on lire sur la banderole de tête de la manifestation où les représentants du privé étaient nombreux. D'autres banderoles proclamaient «Villepin démission» ou encore «CPE, le loto de Villepin: deux ans de grattage, viré au tirage». Malgré le service d'ordre assuré par les dockers, quelques incidents sans gravité se sont produits devant la préfecture contre laquelle des œufs ont été lancés ainsi que des ballons remplis de peinture.
A Rouen, environ 18.000 personnes, selon la police, 40.000 selon les organisateurs, ont manifesté avec la présence de l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius dans le cortège. Scandant «Aucu, aucune hésitation, non non non à ton contrat bidon», les manifestants, partis de la Cité administrative, ont traversé la Seine vers la rive droite avant de revenir à leur point de départ. La manifestation était encadrée par un service d'ordre syndical très étoffé. Laurent Fabius a appelé le gouvernement à faire preuve de «sagesse» en retirant le texte. «On ne va pas avoir un pays bloqué, tout ça parce qu'il y a un mauvais texte de précarité», a déclaré le député de Seine-Maritime.
A Bordeaux, quelque 31.000 personnes, selon la police, plus de 100.000 selon les organisateurs, ont défilé mardi dans les rues. En scandant des slogans hostiles au gouvernement, le cortège a avancé dans le calme derrière une banderole proclamant «retrait du CPE». De nombreux lycéens et étudiants étaient en tête de la manifestation suivis par les salariés et les syndicats, dont une forte représentation de la CGT. Des sonos ont diffusé tout au long du parcours de la musique sur fonds de slogans réclamant notamment un «licenciement massif pour le gouvernement».