Pour Suzilène

Publié le par cgt Educ'action92


Suzilène nous étions quelques uns à croire que ce n’était pas possible que tu partes ainsi avec pour seul bagage  les blessures et les larmes de tes quinze jours de rétention. Suzilène   ils ne t’ont pas même laissé embrasser ta maman, serrer fort le petit frère contre ton cœur, ils ont piétiné ton rêve à toi, ton rêve d’une vie meilleure, ton rêve de France.
 
Suzilène où vont tes pensées dans l’avion militaire affrété par le gouvernement de la République ? Suzilène-t-ont-ils menotté comme j’ai entendu dire ? Suzilène qui peut dire encore que cela est juste, que cela est normal, que cela est indifférent ?

Suzilène toujours au premier rang de la classe, ton beau visage, tes traits délicats pareils à ceux d’une héroïne de Jorge Amado. Suzilène aimeras tu encore lire des romans d’amour ?

Suzilène il y avait aussi tes camarades dans le Hall 1 d’ Orly Ouest. Marlène, Armelle, Brahim, Aurélie, Judith, Aziz, je ne connais pas le nom de tous mais je sais aussi leurs visages. Ils sont la jeunesse de France. Je répète, ils sont la jeunesse de France et j’écoute les mots qu’ils portent : Première, deuxième, troisième génération…… Résistance ! Suzilène, il y avait des larmes aussi dans le Hall 1 d’Orly Ouest. La générosité d’un côté et le mépris de l’autre.

Suzilène on continue le combat, on ne va pas se laisser abattre. On continue le combat avec Fanny, avec Giovanni avec tous les autres ! Ils n’ont pas fini d’entendre parler de toi, tu peux compter sur nous,  pour qu’ils ne-t-oublient pas !
                Retour d’Orly Ouest, Hall 1, 12 Octobre 2006, F. Durand.

 
 

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