communiqué du collectif sans papiers92

Publié le par cgt Educ'action92


CSP 92

 

       EXPULSION DE SUZILENE 18 ANS, COMMUNIQUE DU CSP 92

                           

Encore une fois l’infranchissable a été franchi… Mais quand c’est banalisé à ce point, y a-t’il encore lieu de parler d’infranchissable ?

Est-il normal aujourd’hui, dans un pays signataire de tant de conventions défendant la liberté et le droit de vivre, d’accepter que se répète l’histoire de l’arrestation des enfants et leur envoi vers là où ils ont peur d’aller, loin de leurs familles ?

Suzilène, lycéenne Capverdienne de 18 ans et demi, élève du LP Valmy à Colombes (92) a été expulsée purement et simplement au vu et au su de toute la France, hier 12 octobre, au bout de douze jours de rétention. Ce drame humain, aussi déchirant soit-il, est passé comme un banal fait divers, sans remuer les consciences et sans perturber le sommeil de ses initiateurs.

Le combat n’est pas encore terminé camarades, nous n’avons pas le droit de fermer les yeux ne serait-ce qu’une seconde ou de faire la moindre erreur, nous devons rester vigilants et en garde 24/24, car il reste  un grand nombre d’enfants à sauver de l’appétit vorace des élections présidentiels.

L’histoire de Suzilène a démontré le côté malsain de l’ambition, celui qui permet l’instrumentalisation de tout un ministère pour commettre des actes de malveillance vis-à-vis de personnes qui n’ont aucun statut dans notre société et surtout pas celui d’électeurs. Il est tellement facile de s’attaquer aux Suzilènes et autres, ce n’est pas cher et cela rapporte tellement gros dans l’escarcelle des bureaux de vote, que l’on n’a aucun scrupule à abuser du mensonge, de la désinformation et de la tromperie.

Non seulement le Ministère de l’Intérieur a autorisé qu’on arrache à une mère et à un petit frère une gamine de 18 ans, l’exilant dans un pays où elle n’a plus d’autres attaches qu’une vielle grand-mère âgée de 83 ans allongé sur un lit, mais le pire c’est que cela a été fait dans des conditions des plus sordides, avec des moyens ridiculement disproportionnés par rapport à la dangerosité de la prisonnière. On avait l’impression d’être en face d’une opération concernant la sécurité de l’État, où l’incarcération d’un grand criminel nécessiterait des moyens colossaux pour en préserver le secret.

La fourberie du Ministère de l’intérieur dans cette affaire est avérée et bien claire. On a lancé des calomnies et des accusations à tort contre une fille qui a encore les yeux innocents de l’enfance. Comme tous les enfants, elle avait confiance et ne voyait que le beau côté de notre monde. Demain, on se demandera pourquoi ces enfants ont la haine contre notre société, car on leur aura menti dans les écoles en leur vantant les valeurs fondamentales de la France. En fait, on a importé des idées made in USA, et on a usé de facilité pour les substituer aux vraies valeurs de la France.

 

La xénophobie est de retour ! A CHAQUE GRANDE ECHEANCE POLITIQUE, il faut trouver des boucs émissaires, auxquels on fera porter le chapeau de tous les maux de la société.

Les appareils de l’État contribuent à mettre à mal ce qui a été si difficilement et si durement acquis depuis 1996. Les sans-papiers souffrent horriblement de cet acharnement à grande échelle. Pour bien faire, on a ajouté à une précarisation déjà lourde de plusieurs milliers de personnes, une mise à mal de leur santé suite à l’annulation de l’A.M.E. L’application de la double peine, et autres méfaits indigne de la République, sont venus compléter le tableau. Tous les moyens sont bons pour sacrifier les sans-papiers sur l’autel de l’ambition personnelle (les morts de Ceuta et Melilla en font partie). 

Aujourd’hui les étrangers (du tiers monde) en général, et les sans-papiers en particulier, se retrouvent dans leur ligne de mire et se voient accablés de tous les maux et affublés d’une capacité de nuisance que le diable en personne leur envierait.

S’il y a 3 millions de chômeurs, ce sont les sans-papiers, si la sécurité sociale accuse un déficit d’une douzaine de milliards, ce sont les sans-papiers, si les banlieues se sont révoltées ce sont les sans-papiers.

Les sans-papiers représenteraient un mal si formidable que tous les moyens d’une grande puissance économique et militaire comme la France sont mis en œuvre pour éradiquer La Menace sans papiers. Occultant les vrais disfonctionnement qui ont conduit au chômage et aux problèmes économiques, souvent le fait de l’incompétence et des mauvaises politiques des gouvernants, on s’est arrangé pour faire porter le chapeau aux seuls sans-papiers, que presque personne n’ose défendre.

Les sans papiers ne veulent plus être les enjeux de luttes politiques fratricides et électoralistes, un appel à la mobilisation générale des soutiens de tous bords est aujourd’hui crucial et Urgent afin de barrer la route à la Xénophobie et aux idées racistes. Unissons nos forces contre cet ennemi aveugle et sourd qui fait de nous des complices des choses les plus horribles, que nul ne peut accepter. Chaque expulsion nous nous interpelle, nous n’avons pas le droit de fermer les yeux sur cela, alors ne laissons pas le temps au temps et le passé au passé, le temps est entre nos mains et le passé ne l’oublions pas, chaque enfant ou sans papier expulsé nous demandera des comptes demain et nous lui devrons une réponse.

 

                                                                                    

                                                  Fait à Boulogne le 13 octobre 2006

                                                                Le CSP 92



Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article