Tous en grève le 10 juin pour défendre le service public d’éducation !
| CGT-Educ’Action Créteil-Versailles premier et second degré Tous en grève le 10 juin On n’est pas fatigués !
|
Après plusieurs mois d’une mobilisation intergénérationnelle et interprofessionnelle, le gouvernement refuse d’entendre nos revendications. Pire, Sarkozy fait de la provocation en remettant en cause le droit de grève… Les mobilisations doivent donc se poursuivre, les grèves du mois de mai 2008 ont d’ailleurs montré que les personnels, les lycéens et les parents étaient toujours prêts à en découdre (450 000 manifestants le 15 mai, 700 000 le 22 mai…)
La CGT-Educ’Action refuse la casse du service public d’éducation engagée dans le cadre de la RGPP :
le rapport Pochard sur le métier d’enseignant couplé à la réforme programmée des lycées au cours de l’été prochain.
la réforme de l’école à travers la réorganisation du temps scolaire et de nouveaux programmes rétrogrades.
la déstructuration de l’enseignement professionnel avec la généralisation, dès 2008, du bac pro 3 ans et la disparition des sections de BEP.
l’autonomie accrue et la mise en concurrence des établissements et des personnels (classement des écoles, contractualisation et obligation de résultats, libéralisation de la carte scolaire, des moyens horaires, fonctionnement au mérite...).
le recours systématique aux heures supplémentaires, à la précarité pour pallier la baisse de recrutement des enseignants ou pour couvrir de nouveaux besoins tels l’assistance administrative dans les écoles et la scolarisation des enfants handicapés.
la remise en cause du droit de grève.
| Darcos a annoncé la mise en place du « service minimum d’accueil », emboitant le pas à Sarkozy. Les enseignants du premier degré devraient prévenir 48h à l’avance de leur intention de se mettre en grève ! Ce dispositif ne soulagera en rien la difficulté des familles les jours de grève et aucune garantie sur la qualité et la nature de l’accueil proposé aux familles n’est donné. Par contre en imposant de nouvelles conditions administratives aux personnels, il porte gravement atteinte au droit de grève de chacun des personnels. Darcos veut aussi imposer une « négociation préalable » avant tout dépôt d’un préavis de grève. Cette disposition n’est qu’un leurre destiné à masquer le véritable objectif de ce projet de loi qui est de retirer les moyens de créer le rapport de forces aux travailleurs de l’éducation (particulièrement en lutte ces dernières années). De fait, rien n’empêche déjà aujourd’hui, le gouvernement d’ouvrir des négociations sur les revendications de la mobilisation…
Nombreux sont les collègues qui hésitent à se lancer dans les mobilisations au moment des examens. Nous sommes tous attachés aux examens qui garantissent une évaluation impartiale et nationale des efforts accomplis par les élèves. Aussi, nous refusons catégoriquement qu’ils soient instrumentalisés par le ministère pour faire passer en force ses mesures impopulaires et largement rejetées par l’opinion. En ayant sciemment refusé d’ouvrir toute négociation jusqu’à présent, en ne répondant pas aux demandes réitérées de report des examens, Darcos joue la montre et veut utiliser les examens pour mettre la pression sur les lycéens et sur les enseignants en cette fin d’année, espérant ainsi gagner du temps et désamorcer la mobilisation. Le gouvernement porte seul la responsabilité des perturbations que cela entrainerait.
|
| La CGT-Educ’action revendique :
un collectif budgétaire pour créer les emplois statutaires nécessaires et mettre fin à la précarité en utilisant immédiatement les 3 milliards d’euros de réserve non affectés au ministère de la Fonction Publique qui pourraient être redistribués dans toutes les branches de la Fonction Publique et permettre, par exemple dans l'Education Nationale, la création de titulaires remplaçants et de maîtres en surnombre, de surveillants, d’assistants administratifs dans les écoles et les établissements du secondaire, intégration des personnels précaires
revalorisation salariale fondée sur le point d’indice compensant la perte cumulée du pouvoir d’achat, et dans l’immédiat 300 € pour tous.
revalorisation du métier avec réduction du temps de travail pour faire face à des missions élargies et de plus en plus complexes. une réelle politique d’accompagnement de la carrière des personnels : formation continue, médecine du travail, droit à mutation, avancement, reconversion... dialogue social renouvelé avec l’ouverture de négociations pour une autre orientation du système scolaire de la maternelle au lycée : politique de cycles, unicité du collège, abandon de la généralisation du bac pro 3 ans dès la rentrée 2008, égalité des 3 voies, mixité et démocratisation scolaire... amélioration de la formation initiale et continue. réemploi et titularisation sans condition des précaires. régularisation des élèves, des travailleurs sans papiers et de leurs familles.
|
| La CGT-Educ’action est engagée dans l’action depuis plusieurs mois pour empêcher la généralisation du bac pro en 3 ans qui ne peut qu’aboutir à une marginalisation des élèves les plus en difficulté à la fin du collège. Elle a refusé de signer le protocole de discussion proposé par le ministère qui aboutit à la généralisation du bac pro en 3 ans. A la rentrée 2008 le nombre de sections de bac professionnel en 3 ans, au niveau national, sera supérieur à 25 % au lieu de 5 % à la rentrée 2007. Pour autant la disparition totale des sections BEP n’est pas entérinée et les mobilisations se poursuivent. D’ailleurs, les personnels et les élèves qui se sont mobilisés dans les premières académies touchées et le ministère et les rectorats ont été obligés de faire parfois quelques reculs. Cette réforme est de plus en plus comprise comme ce qu’elle est : en premier lieu une mesure de restriction budgétaire, au détriment des élèves et de l’enseignement professionnel public et non pas une mesure d’ordre pédagogique. Mais elle doit aussi se comprendre comme une étape dans la dérégulation actuelle du monde du travail. Dans l’Education c’est à terme l’ensemble des 3 voies du lycée, générale, technologique et professionnelle qui seront redéfinies pour organiser la suppression des 80 000 postes prévues en 4 ans dans l’Education Nationale. La CGT-Educ’action réaffirme sa volonté de ne pas laisser passer de telles mesures. Elle appelle les personnels, les autres organisations syndicales, tant de l’Education que de l’interprofessionnel, à amplifier les mobilisations avec les élèves et les parents pour empêcher la fermeture des sections de BEP et exiger leur réouverture. La revalorisation de la voie professionnelle passe par la disparition des sorties sans qualification, l’augmentation du nombre de bacheliers et des possibilités accrues de poursuite en BTS. Cela ne peut se concrétiser que par l’attribution de moyens suffisants, la réussite de tous les élèves l’exige.
|