Vous êtes nos voisins, nous vous tendons une main fraternelle
Vous êtes nos voisins, nous vous tendons une main fraternelle…
Cachanaises, Cachanais,
Vous avez sans doute entendu, lu dans les journaux ou vu à la télévision ce qui nous est arrivé le 17 août 2006. Certains d’entre vous étiez d’ailleurs à nos côtés quand plus de 500 policiers avaient été envoyés par le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Nicolas SARKOZY, pour nous déloger du bâtiment F du CROUS. Ce jour là, tous ceux qui étaient présents ont, sans distinction de race, d’origine ou de condition, élus ou responsables d’organisation, militants ou citoyens été victimes d’une violence inouïe.
Dans cette furie aveugle des femmes ont fait une fausse couche ou ont été blessées avec nos enfants tandis que certains maris ou des célibataires, ont été arrêtés ou expulsés, laissant leurs familles dans le désarroi…
Nous avons été accueillis provisoirement dans le gymnase « Belle Image » par Monsieur Jean-Yves LE BOUILLONNEC, le Maire de la ville, en attendant que l’Etat prenne ses responsabilités pour entendre nos doléances. C’est d’ailleurs pour alerter sur l’indifférence des pouvoirs publics pour la régularisation que six(6) d’entre nous se sont mis en grève de la faim depuis plus d’un mois..
Nous n’oublierons jamais la main chaleureuse que vous nous avez tendue en ces moments difficiles et d’avoir pensé aussi à nos enfants qui sont dans un état traumatique lié aux assauts répétés des policiers. Aujourd’hui, quand ils parviennent à dormir, il leur arrive de scander : « Police partout, Justice nulle part » ou de crier : « Un logement, des papiers, des écoles, pour tous ». Même si nous revendiquons ces mots d’ordre, nous aurions souhaité qu’ils aient plutôt des soucis d’écoliers et qu’entre vous et nous soient renforcées des relations de bons voisinages partagés, d’autant que nous fréquentons certains d’entre vous bien avant 2000.
Nous sommes avec certains d’entre vous victimes du mal logement à cause de la spéculation immobilière et de la précarisation grandissante qui nous frappent du même fouet. Aujourd’hui, nul n’est à l’abri d’une expulsion à cause de la montée inquiétante de l'exclusion et du manque de logements sociaux…
La plupart d’entre nous a des papiers et certains ont même la nationalité française et que l’infime partie d’entre nous qui a accepté la solution des hôtels proposés par les autorités a été harcelée par la police qui rentre même dans les chambres pour procéder à des fouilles et des arrestations au point que le Tribunal de Grande Instance de Créteil l’a désavouée le 19 septembre pour « provocation policière », après qu’elle ait semé le désordre dans le gymnase en lançant sans discernement des bombes lacrymogènes sur des enfants et des femmes. Cette situation exceptionnelle que nous vivons ne va pas sans certaines nuisances que nous tentons de réduire le plus que possible. Ainsi, malgré une certaine désinformation de la Préfecture afin de nous présenter sous un mauvais jour, le Conseil Général qui soutient ouvertement notre action a rassuré : il prendra toutes les dispositions pour qu’aucun problème lié à notre santé ou à celle de nos enfants ne nuise à personne.
Avec l’appui du Comité de soutien et d’autres forces citoyennes, syndicales et politiques, nous comptons sur vous qui êtes nos voisins le dimanche 24 septembre de 15h à 18h devant le gymnase « Belle Image », pour que nous puissions échanger avec vous et d’autres sur notre mouvement et au-delà.
Vivant ensemble, nous avons plus de choses en commun qu’il n’y parait : nous vous tendons à nouveau la main car nous menons, tous comptes faits, les mêmes combats pour les mêmes droits. C’est pourquoi nous vous invitons à participer à nos côtés à la manifestation unitaire de solidarité à notre honneur, le 30 septembre 2006 à 14h à la Place Denfert Rochereau, pour le logement, des papiers et une école, contre les discriminations et la répression policière.
Fait à Cachan le 22 septembre 2006
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