Les postiers en grève illimitée

Publié le par CGT Educ'action 92

Les postiers en grève illimitée

 

Les postiers parisiens démarrent aujourd’hui une grève contre la réforme de la Poste ,un jour avant le mouvement national. La distribution du courrier n’en sera pas perturbée.


Si vous devez retirer un colis, un recommandé ou un mandat aujourd’hui, attention : vous risquez de tomber sur une porte close à votre bureau de poste. A la veille du grand mouvement national contre la réforme de l’entreprise publique, quatre syndicats (CGT, SUD, FO, CFTC) appellent à un mouvement de grève « illimitée » dans les 185 bureaux parisiens. Les syndicats tablent sur 600 à 800 grévistes. Voici les raisons de la grogne.

 Arrêt des suppressions d’emploi.La direction de la Poste appelle ça des « suppressions de poste de travail ». Selon les syndicats, près de 150 départs n’auraient pas été remplacés cette année dans la capitale (sur 17 000 employés à Paris), notamment au nord dans les quartiers sensibles.

 L’opération Bienvenue mal acceptée.Lancé depuis un an, Bienvenue à la Poste veut révolutionner l’accueil du client. Les guichets sont ouverts, répartis dans l’agence, des agents font l’accueil et orientent le client. « Les usagers ne savent plus où trouver les guichets ! assure un délégué CGT. Ce qu’ils appellent orientation, nous, on appelle ça discrimination : les usagers les plus rentables, les professionnels, ceux qui viennent acheter des produits commerciaux, sont dirigés vers des guichets prioritaires. Les autres, ils attendent ! » Les syndicats critiquent aussi l’accueil debout, qui engendre plus de fatigue. « Tout ce qu’on propose pour compenser, c’est des bas de contention gratuits ! »

Les horaires élargis passent mal.Les clients de la Poste demandent des horaires toujours plus élargis, le soir et le week-end. A Paris, quasiment tous les bureaux sont ouverts désormais jusqu’à 20 heures. « On n’a pas les effectifs pour tenir ces horaires ! attaque Jérôme Cottenceau, de la CGT-Postaux de Paris. Un tiers des employés travaillent en banlieue, leur vie devient trop difficile. »

 La Poste ne commente pas.La direction de la Poste de Paris préfère « attendre la journée de grève » aujourd’hui pour réagir. « On ne commente pas les actions syndicales, explique-t-on au service communication. La grève est un droit, nous n’avons pas à le remettre en cause. »

 

Sébastien Ramnoux

in Le parisen
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