Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion : leurs revendications, leur combat sont les nôtres !

Guadeloupe, Martinique, Guyane et Réunion
Leurs revendications, leur combat sont les nôtres !
La CGT renouvelle son soutien et sa solidarité aux actions des travailleurs de la Guadeloupe et de la Martinique répondant à l’appel à la grève générale de leurs organisations syndicales.
Si la question sociale domine les revendications du mouvement actuel, la question politique surgit immédiatement : pour quelles raisons les inégalités sont elles encore plus accentuées sur ces territoires qu’en France ?
Pourquoi le chômage frappe-t-il plus de 25% de la population active, dépassant les 50% pour les jeunes de 15-24 ans ? (Martinique : 24,1% - Guadeloupe : 26,9% - Guyane : 28,5).
Pourquoi le coût de la vie est- il supérieur de 30% par rapport à la France, avec un taux d’inflation souvent supérieur de 2 à 3 points à celui enregistré en métropole ? La plupart des produits manufacturés, énergétiques - voire alimentaires - sont souvent importés de France. Outre les coûts de fret, s’ajoute la taxe douanière sur les produits importés (dite "l’octroi de mer") en Guyane, Guadeloupe, Martinique et Réunion, cette taxe constituant une ressource essentielle des communes pour les DOM.
Pourquoi l’accès aux services publics et aux logements est-il plus limité, la fiscalité discriminatoire et le développement industriel quasi absent, ce qui accroît la dépendance économique à l’égard de la France ?
A ces questions, le gouvernement et le Secrétaire d’Etat à l’Outre Mer, rentré précipitamment à Paris, ne répondent pas et déclarent que le relèvement de 200€ des bas salaires, retraites et minima sociaux est « un conflit à régler entre salariés et employeur ».
La CGT estime que le gouvernement ne peut s’exonérer de la responsabilité que porte l’Etat français dans la situation économique et sociale de ces territoires et renvoyer dos à dos syndicats, collectivités et patronat. La colère de la population guadeloupéenne contre l’attitude du gouvernement revenant sur les engagements pris par Yves JEGO est parfaitement légitime.
Une économie néo-coloniale asservie aux intérêts des békés et des multinationales
Les réalités du quotidien dans les pays d’outre-mer sont vécues comme une exception aux lois de la République Française. L’outre-mer reste indéfini dans la République et l’éternel parent pauvre de la France, l’exception devenant la règle. L’économie entièrement dominée par des figures parisiennes ou étrangères n’est pas un facteur de croissance, dès lors que la richesse qui en émane n’est pas redistribuée ou réinvestie.
Il en ressort que des manifestations de mécontentement contre une certaine logique « néocoloniale » continuent légitimement d’alimenter les débats publics sur le rapport entre la France et ses territoires.
48 organisations (syndicales, politiques, associatives) se sont regroupées au sein du LKP (Rassemblement contre l’exploitation) et la population soutient ce mouvement, répondant massivement aux manifestations. Cette alliance, sur la base d’une plate-forme revendicative a exigé et obtenu de discuter avec tous les responsables de la situation économique, sociale et politique sur le territoire (Medef et Pme, Etat, Conseil régional et général).
Les revendications du LKP portent sur la lutte « contre la vie chère »
le relèvement « immédiat » de 200€ des plus bas salaires, des retraites et des minima sociaux.
le gel des loyers pour une durée indéterminée et l’annulation de l’augmentation prévue en 2009.
l’opposition à tout licenciement et l’ouverture des négociations par branches ou entreprises L’indemnisation des victimes professionnelles et civiles du chlordécone. (Pesticide utilisé dans les bananeraies)
un moratoire de quatre ans est demandé sur la suppression de postes dans l’éducation nationale avec la titularisation des contractuels et des contrats aidés.
plus de transparence sur la formation des prix et une diminution de 50 centimes sur les prix du carburant, une baisse du prix de l’eau, une baisse sur le prix des communications et une autre sur celui des transports collectifs. .
SO-LI-DA-RI-TÉ ! L. K. P !
“La Gwadloup cé tan nou, la gwadloup cé pa ta yo, ...” (La Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n’est pas à eux) : ce slogan, chanté dans toutes les manifestations, est bien un cri de ralliement de tous les travailleurs face aux exploiteurs.
En effet, ce qui fait la richesse d’un pays ne provient de nulle part ailleurs que du travail, des salariés notamment, les plus nombreux dans la population active. Là-bas comme ici, les salariés ne reçoivent pas les fruits de leur travail mais seulement une petite partie, amputée par les profits que les patrons et actionnaires leur ont extorqués. Et ici, en métropole, comme en écho, lui répond un autre slogan bien connu des manifestants : « rien n’est à eux, tout est à nous….etc.».
La meilleure solidarité, c’est de rentrer dans la lutte revendicative partout, pour nos salaires, nos emplois, nos droits sociaux, services publics et Sécurité Sociale.
Assez d’injustices ! Stop aux mensonges et baratins de Sarkozy et de ses ministres : de l’argent, il y en a largement assez pour augmenter les salaires, sauvegarder et développer l’emploi.
Les luttes sociales doivent gagner en forces pour obliger le gouvernement à faire ce qu’il devrait faire : donner la priorité à l’intérêt général contre les intérêts particuliers, c’est-à-dire donner la priorité au monde du travail et non aux actionnaires, au petit monde des privilégiés du capital.
Les salariés ont assez trinqué !
Les patrons et les actionnaires peuvent et doivent payer !
Ce n’est que justice. C’est la seule manière de sortir de la crise économique
25 Février 2009