Après l’émision de Nicolas Sarkozy,un nouveau rendez-vous de mobilisation s'impose

Publié le par CGT Educ'action 92

De l’entretien télévisé de Nicolas Sarkozy d’hier, on retiendra surtout qu’il réagissait à l’immense mobilisation des salariés du 29 janvier. Force est de constater que si le Président de la République s’est présenté à l’écoute des inquiétudes, il n’apporte aucune réponse concrète aux revendications exprimées.


Le Chef de l’état convoque le 18 février une ren­contre entre les pouvoirs publics, le patronat et les syndicats. Ce cycle de discussions pourrait notam­ment porter sur le partage des profits entre les action­naires et les salariés. Cela confirme la force des revendications pour la revalorisation des salaires, la profondeur du sentiment d’injustice suscité par les réponses gouvernementales à la crise financière et économique. Mais Nicolas Sarkozy continue de jus­tifier sa politique opposant la relance de l’investisse­ment à celle de la consommation, pour mieux rejeter toute idée de revalorisation du Smic et des salaires.

Face à l’expression des préoccupations sur l’emploi, il a dû occuper le terrain. Il s’est prononcé pour l’arrêt des délocalisations de l’industrie automobile, mais est resté muet sur les moyens qu’il entend mettre en œuvre pour y parvenir. Il n’a apporté aucune réponse à la revendication de nouveaux droits col­lectifs d’intervention des salariés pour s’opposer aux suppressions d’emplois et aux fermetures d’entre­prise. Pire, la seule décision prise est un nouveau cadeau accordé sans contrepartie aux entreprises : la suppression de la taxe professionnelle, annonciatrice d’un alourdissement de la fiscalité locale, au détri­ment du pouvoir d’achat des salariés, chômeurs et retraités.

Il a dû reconnaître que l’accord sur l’assurance chô­mage, non signé par quatre confédérations sur cinq et auquel la CGT s’est opposée, ainsi que celui sur le chômage partiel, ne répondait pas à l’évolution des besoins d’indemnisation des chômeurs. Il a envisagé des mesures complémentaires en matière de chô­mage partiel, pour les précaires et pour les jeunes. Mais aucune disposition immédiate n’a été annon­cée, tout a été renvoyé à de nouvelles discussions.

En revanche, la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite est confir­mée. Alors que les instituts officiels pronostiquent des centaines de milliers de suppressions d’emplois en 2009 dans le secteur privé, cela ne peut que réduire encore plus les offres d’emploi et aggraver le chô­mage.

Ni les propo s du Président de la République ni ceux de la Présidente du Medef ne répon­dent aux revendications de la déclaration commune du 5 janvier des huit organisations syndicales. Ils confirment le bien fondé de la mobilisation des salariés et la nécessité de la poursuivre et de l’amplifier.
D a n s   l e    e n t r eprises, le nouveau rapport de force créé par l’am­pleur de la mobilisation doit se traduire en actions pour les salaires et l’ensemble des revendications. La pression de la mobilisation doit s’exercer sur la ren‑

contre du 18 février. Un nouveau rendez-vous de mobilisation national interprofession­nel unitaire doit être proposé aux sala­riés.

Ces perspectives seront l’objet de la réunion de lundi des huit organisations syndicales ayant appelé à l’ac­tion du 29 janvier, sur la base de leur déclaration revendicative commune.

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