spéciale 48 ème congrès confédéral CGT

Publié le par cgt Educ'action92

Unification syndicale : une réflexion indispensable !

«  Nous avons besoin de construire collectivement un rapport de force plus favorable aux salariés…Cette perspective est freinée par un paysage syndical émietté et divisé. L’objectif doit être de rassembler, à terme de se réunifier, pour gagner en efficacité autour d’axes revendicatifs portés par les salariés. C’est une des orientations de la CGT » C’est en ces termes que nous nous sommes adressés aux centaines de milliers de salariés de l’Education lors des élections professionnelles de décembre 2005. Les questions du rassemblement, des revendications et à terme d’un processus vers une nouvelle confédération unitaire du travail concernent toute la CGT.

Le syndicalisme français est numériquement faible et éclaté. Du  fait de cette division il y a dans l’activité des syndicats, en même temps que la construction de l’action, la recherche de développement « concurrentiel ».
 Cette division est donc un atout pour le patronat et ses alliés, il rend plus complexe la réalisation du « Tous Ensemble » des salariés. Dans nos orientations de congrès, nous réaffirmons le souhait d’une unification des forces syndicales, mais cela va-t-il plus loin qu’une simple déclaration de principe ?

 Depuis 1995 les salariés français ont constaté que des positionnements syndicaux différents, sur des sujets déterminants, s’opéraient : plan Juppé sur la sécu, loi Fillon sur les retraites pour citer les plus marquants. Un processus d’unification syndicale ne pourrait donc se faire que sur la base claire d’une orientation contre cette politique libérale dont on mesure les effets destructeurs sur l’ensemble de la société. L’explosion de violence que nous venons de vivre dans certaines banlieues est là pour nous rappeler le désespoir qu’engendre cette politique. Le renouvellement en profondeur du salariat, le bouleversement des coordonnées sociales et politiques  pose la question : quel syndicalisme ? Le vote du 29 mai montre que les choses bougent.

Créer les conditions de l’unité d’action la plus large possible est la démarche de la CGT. Malheureusement elle n’est pas toujours couronnée de succès du fait des divergences d’analyse entre confédérations. Certaines refusent l’action ou semblent s’y associer pour la détruire ensuite (voir l’attitude des dirigeants de la CFDT en 2003). Nous ne devons surtout pas casser la dynamique de lutte, enclenchée à partir des mobilisations réussies, pour « attendre » la CFDT ou d’autres organisations qui ne veulent de toute façon pas poursuivre  la bagarre. Si la division n’était pas à son comble nous disposerions certainement d’un outil syndical plus efficace pour continuer la lutte avec des chances de l’emporter. Unité d’action sans exclusive autour de revendications clairement définies et processus d’unification syndicale ne s’opposent pas.

Des forces syndicales existent en dehors de notre confédération qui partagent notre volonté de lutter contre cette politique et proposent des solutions alternatives compatibles aux nôtres. Nous retrouvons souvent depuis 1995 nos camarades de la FSU ou de Solidaires dans les luttes à nos côtés. Pour les salariés de ce pays, aujourd’hui très majoritairement non syndiqués, parvenir à un processus d’unification sur une orientation claire, dans le respect de la démocratie syndicale serait un pas considérable pour convaincre qu’il est nécessaire de s’organiser, qu’il est possible de gagner. Nos objectifs de syndicalisation seraient certainement bouleversés par la dynamique d’un tel processus. L'unification syndicale n’est évidemment pas immédiatement envisageable, mais sommes-nous prêts à le rendre crédible le plus rapidement possible.  Si la CGT ne fait rien, il ne se passera rien. Si au contraire, , nous proposons cette réflexion aux salariés qui se battent et cherchent à s’unir pour gagner, nous avancerons dans cette voie.

Le 48è congrès de la CGT doit être l’occasion de réaffirmer notre démarche. A nous de proposer un cadre démocratique pour une discussion sur cette question avec les salariés et les organisations syndicales qui partagent nos combats.

Alain VRIGNAUD,    
membre du  Bureau de l’Unsen (CGT Educ’action)

membre de la CE de la FERC
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