Réforme du lycée : " le dessous des cartes "
Un rapport d'audit, rendu public fin août (tenu secret depuis novembre dernier), développe, avant même le début d'une quelconque concertation, les différents scenarii de réforme du lycée général et technologique envisagés par X. Darcos.
Il révèle que les suppressions d'emplois massives, programmées par le gouvernement pour les quatre ans à venir, ne peuvent être réalisées qu'à coup de réformes structurelles.
Ainsi, s'explique le lancement précipité des bases de la réforme du lycée en juin dernier.
Il se fonde sur la mise en oeuvre d'un scénario d'
"optimisation des moyens" au détriment du système éducatif (dixit les rédacteurs de l'audit : IGEN et IG des Finances…).
Il s'agit, en premier lieu, de réduire horaires obligatoires, contenus et même enseignements au lycée, tout en poursuivant la suppression unilatérale d'options.
Il faut, en second lieu, changer profondément la condition enseignante (texte de référence toujours en rigueur, aux dires même du ministre :
"Le livre vert" piloté par M. Pochard).
Il faut, enfin, y adjoindre une politique d'accroissement de l'autonomie locale (pilotage des résultats, nouveaux modes d'évaluation…).
Les réformes structurelles conjuguées permettent d'économiser sur l'ensemble du système éducatif environ 85 à 95 000 ETP sur cinq ans, dont environ 16 à 17 000 pour la seule réforme du lycée général et technologique, dont 10 000 pour la seule classe de seconde (en 2009).
Le MEN prévoit, de manière confidentielle, une " économie " de 17 000 ETP rajouté comme suit : 7 000 en 2009 ; 5 000 en 2010 ; 5 000 en 2011.
C'est dans ce contexte de réductions draconiennes d'emplois, que s'est tenue la réunion plénière organisée par J-P. de Gaudemar, pilote du dossier, le 27 août dernier.
Avec les autres organisations syndicales, la CGT Educ'action, y a dénoncé la mise en oeuvre d'un calendrier irréaliste, mais aussi une réforme qui entrainera une réduction des contenus d'enseignement, des milliers de suppressions de postes.
La CGT-Educ'action a décidé de quitter ces pseudos-négociations
Elle appelle à particpier massivement à la grève du 7 octobre et à la manifestation nationale du 19 octobre.
Montreuil, le 17 septembre 2008