Forte du succès de la journée de mobilisation à Paris
et dans les entreprises,
la CGT appelle les salariés de l’industrie à se mobiliser plus largement
dans chaque région.
Bernard Thibault soulignait dans son intervention à la manifestation que « les
salariés en luttant pour l’emploi et le développement de l’industrie, mènent une lutte d’intérêt général », estimant qu’il ne peut y avoir une économie durable et efficace sans un socle
industriel fort.
Avec de nombreuses luttes et initiatives dans les entreprises, les bassins d’emplois, les filières, les salariés et leurs
syndicats portent l’exigence qu’il ne peut y avoir de fatalité à la désindustrialisation actuelle qui touche l’ensemble du pays.
La responsabilité des dirigeants patronaux, comme du gouvernement, est de plus en plus mise en avant. Profitant d’une
situation économique et sociale lourde de conséquences pour les salariés, la plupart des directions d’entreprises accélèrent les mesures de restructuration sous le prétexte de l’impact de la
crise.
Les salariés ne sont pas dupes. Ils mesurent que cette logique de financiarisation des critères de gestion des entreprises,
avec une recherche permanente d’augmentation des profits, pour les actionnaires et les marchés financiers est bien la cause de cette crise. La poursuite de cette politique est sans issue pour une
reprise de l’activité économique et sociale dans les territoires et filières industrielles.
Il est urgent d’arrêter cette hémorragie de l’emploi, des savoir-faire, des compétences, des capacités de production.
Il est urgent de donner la priorité à une valorisation du travail, à l’emploi qualifié, à l’investissement, à la
recherche.
Au-delà du discours, il y a besoin d’une rupture avec les politiques menées depuis plusieurs années par une véritable
politique industrielle qui donne une ambition forte au développement de l’activité des entreprises dans une cohérence nationale, régionale et européenne.
Forte du succès de cette mobilisation à Paris, ainsi que dans les entreprises, la CGT entend participer aux Etats généraux de
l’industrie que le Président de la République vient de lancer.
Ce n’est pas la continuité des choix actuels qui doit l’emporter mais l’écoute de ce que les salariés et leurs syndicats
proposent sur le besoin d’une véritable politique industrielle.
La CGT porte des perspectives qui sortent de la
logique financière, en particulier les questions de salaires, de qualifications reconnues, d’amélioration des conditions de travail, de prise en compte de la pénibilité, pour le départ à la
retraite, de l’embauche en CDI et de sécurité professionnelle. L’enjeu est de redonner au travail toute sa place dans l’économie réelle.
C’est également le besoin de droits nouveaux pour les salariés et leurs représentants.
C’est la prise en compte des enjeux environnementaux, pour favoriser les économies d’énergie et une industrie moins carbonée.
C’est le besoin d’un pôle public de financement en priorité pour les PME.
C’est relancer fortement le niveau de la recherche, indispensable à la maîtrise et au développement de nouvelles
technologies.
Dans les semaines qui viennent, la CGT va poursuivre le débat dans les entreprises en proposant des initiatives convergentes
au niveau des bassins d’emplois, des départements, des régions et des filières qui composent l’industrie.
La puissante journée de mobilisation à Paris a montré une détermination, une confiance dans la capacité des salariés à
imposer une autre logique que celle du patronat, du gouvernement. C’est un formidable encouragement à poursuivre les actions revendicatives au niveau des régions avec l’ensemble des branches
industrielles.
Face au droit sacré de la propriété cher au patronat et au ministre de l’Industrie, la CGT revendique la priorité au droit
social, à l’intérêt général pour une industrie créatrice de richesses, d’emplois.
Le 22 octobre est un levier pour donner confiance
dans les actions collectives. Ne laissons pas l’avenir
de l’industrie dans les mains du monde des affaires.